Monsieur le Maire
Mairie d'Osani
20147 OSANI
Osani, le 20 septembre 2001
 
OBJET: RAPPORT 2001

 

Monsieur le maire, Mesdames et Messieurs les conseillers,
 
Conformément aux statuts de notre association, nous vous prions de trouver ci-dessous le rapport annuel sur l'état des fonds marins de notre golfe entre Capu Rossu et Punta Muchillina.
 
Ce rapport repose sur les constatations d'une centaine de plongées, effectuées par les membres de notre association. (Plongées en juillet et août 2001).
Toutes ces plongées ont été pratiquées en scaphandre autonome, à une profondeur de 60 mètres maximum, sur 19 sites des 23 répertoriés dont 2 nouveaux.
 
Nous avons comme les autres années pratiqué des visites en apnée sur les sites de mouillages habituels des bateaux de passage et dans la réserve de Scandola.
 
Comme tous les ans, j'ai joins quelques photos prisent cette année.
Pour ne pas être trop répétitif dans les sujets, j'ai ajouté des vues que j'ai prise dans d'autres endroits du monde pour les livrer à votre curiosité.
 
 
En ce qui concerne les constatations des plongées en scaphandre autonome :
 
Contrairement à l'an passé, le nombre des poissons a retrouvé le niveau de l'année 1999 pour les plus gros spécimens ; les petites espèces bentiques rocheuses (Sars, Girelles, Aublades, Corbs ,etc...) sont toujours aussi nombreuses.
 
Les Dentis, Sérioles, grandes Dorades, sont présents sur les têtes de roches profondes, avec un accroissement net pour les Dentis. Les Moustelles dans leur faille habituelle, sont nombreuses.
Contrairement, à d'autres endroits de Corse ou du sud de la France, nous n'avons pas rencontré de bancs de Barracudas.
 
 
Déjà l'an passé nous avions perçu une raréfaction du mérou (en particulier des mâles) dans certaines zones.
Les mérous ne sont plus également répartis de capu Rossu à Muchillina.
On peut dire que la côte de Piana est beaucoup plus riche que le golfe de Girolata :
Sur Piana les sédentaires sont toujours là sauf un, et il existe de nombreux juvéniles et femelles.
A Ceninu, le couple est toujours présent, malgré le nombre des plongeurs, et nous avons aperçu deux juvéniles.
En revanche, que ce soit à Scoppa ou dans le golfe de Girolata, les sédentaires que nous connaissions ont tous disparu.
A Muchillina (limite de la réserve de Scandola), nous n'avons vu qu'un ou deux spécimens de petite taille !
 
Pour être complet sur ces observations nous avons pris contact avec les deux grands clubs de plongée de Porto, afin de rassembler nos observations que nous transmettrons au GEM ( Groupe d'Etude du Mérou).
Notre association remercie vivement le club " centre de plongée de Porto " de Sylvie Lannoy qui nous a prêté son concours, contrairement à l'autre club qui nous a ignoré, malgré nos demandes successives.
 
Les crustacés tels que Araignées et Cigales, sont pratiquement inexistants sur les sites de plongée.
Les langoustes n'étaient pas nombreuses, sauf sur certains sites peu ou pas plongés et à distance des filets où nous avons observé des colonies plus nombreuses que l'an passé. (4 sites). Elles sont en général profondes.
Le nombre des craintives Galathés parait constant.
Cette année, plus de homards, les caches de l'an passé étaient désespérément vides, nous en avons juste aperçu un ailleurs.
Les Murènes et les congres sont très nombreux, avec beaucoup de petits spécimens.
 
Les Échinodermes, en particulier les Holothuries sont toujours aussi nombreux.
Beaucoup d'oursins, cette année, avec de beaux oursins melon et quelques oursins diadème qui ont été observés à Muchillina.
Les étoiles de mer sont en très grand nombre.
 
Les Céphalopodes, en particulier les poulpes sont peu nombreux.
Toutes les nacres repérées ont été respectées et sont toujours présentes et vivantes.
Les nudibranches sont très nombreux (Doris et Flabellines, Doris géants ...)
 
La faune fixée se porte très bien, le Corail rouge est en expansion avec de nombreuses nouvelles minuscules branches.
Les Gorgones n'ont pas " attrapé " la maladie de dégénérescence qui sévissait sur les côtes du sud de la France.
Le site qui semblait attaqué l'an passé s'est stabilisé et hormis les quelques colonies qui sont mortes, ne présente plus de signe d'atteinte en cours (rapport envoyé au Dr. Francourt qui s'occupe du problème).
Comme tous les ans, sur quelques sites très localisés, il existe des algues filamenteuses sur les gorgones.
 
Les vers tubicoles sont présents sur les sites, en particulier quelques Spirographes, Sabelles et Protules.
 
Les sites sous-marins visités sont propres. Nous avons remonté un bloc de plongée rouillé, une petite pièce de filet accrochée à une tête de roche, une roue de voiture ? et quelques petits objets (bouteilles, canettes, emballages ... ).
 
En ce qui concerne les visites en apnée des sites habituels de mouillages, y compris dans la réserve :
 
La mer était propre, sauf le fond du golfe de Caspiu à Portu qui était envahi de plastiques.
Les petites plages et grottes n'ayant pas été nettoyées avant mi-août étaient sales, mais nous nous attendions à pire. En revanche, celles particulièrement exposées comme Tuara étaient de véritables décharges.
Les plages à accès routier étaient les plus propres. La plage de Gradelle en particulier qui était entretenue tous les matins par un emploi jeune.
Le littoral ne présente pas de signe biologique de pollution.
 
 
Analyse :
 
Cette année, le nombre des beaux poissons a augmenté, bien que les pêcheurs n'en aient pas eu le bénéfice direct. Même pour ceux de plus en plus nombreux pouvant pêcher dans la réserve de Scandola, la pêche n'a pas été miraculeuse, pourtant la météo n'a jamais été aussi propice pour caler les filets dans les zones éloignées. Peut-être les poissons commencent à reconnaître les filets comme à Port Cros, ou bien sont-il plus malins pour vivre sur des têtes de roche où les pêcheurs ne calent pas au risque de perdre leurs filets ?
 
Un problème intéressant est celui des mérous.
Pourquoi les mérous se raréfient et disparaissent dans les zones les plus proche de réserve de Scandola, et au contraire s'accroissent, à l'opposé du golfe vers Capu Rossu.
Le braconnage par les chasseurs sous marins nous semble peu probable ; ils sont en général profonds et peu accessibles.
Les spécimens, les plus exposés et les plus faciles à chasser sont ceux qui sont toujours là. Il est à noter qu'à ces endroits l'architecture du fond n'est pas propice à la pose de filets.
Les méthodes de pêches professionnelles (maillages de filets, durée et horaires de calage) pour des pêcheurs exerçant leur activité dans les deux golfes (Porto - Girolata / " réserve ? " de Scandola ) ne sont peut-être pas les mêmes ?
Enfin peut-être ne faut - il pas toujours chercher une responsabilité humaine, les courants devenant entrants à l'intérieur des pointes vers le golfe de Porto et l'habitat dans la multitude de roches des calanches sous-marines pourraient également avoir une influence.
Nous rappellerons encore une fois ceci :
Il faut plus de 10 ans pour qu'un Mérou femelle devienne mâle et puisse féconder les œufs. Si les mérous sont pêchés avant maturité, il n'y a plus de mâle... donc plus de reproduction.
 
 
En ce qui concerne les opérations de nettoyages du golfe :
 
Cette année fut une année de transition. Du fait des mauvaises surprises comptables, le nouveau maire n'a pas eu la possibilité financière d'utiliser le bateau communal. Les opérations de nettoyages du littoral sans accès routier n'ont pu donc se faire.
Du fait de notre adhésion au PNRC et de la mésaventure qui est arrivé à ce dernier (bateau brûlé), le parc a proposé un partenariat à notre commune pour utiliser le bateau avec leurs agents et nos emplois jeunes moyennant un dédommagement pour la commune. Notre maire a donc saisi l'opportunité très rapidement. Malheureusement, même en faisant au plus vite les nettoyages n'ont pu commencer que mi-août. Ils ont été efficaces pour le peu de sorties qui ont été faites.
Un seul petit reproche, il aurait été préférable de nettoyer en priorité toutes les plages de ceux participant à la charge du bateau que de nettoyer Miserinu (commune de Partinellu) qui est hors Parc Régional et qui ne dédommage en rien la commune. Enfin!, C'est un beau geste et c'est tout de même bénéfique pour notre golfe.
 
 
                                                                                                                Pour le bureau, P. FRANCHI
 
 
 
P.S. : Comme tous les ans : sur la centaine de plongées pratiquées, nous n'avons jamais été contrôlés par qui que ce soit !
P.S2 : Tous les ans, je me révolte après un très gros corps mort posé dans un champ de Posidonies. Je fais des photos annuellement de l'évolution de la flore. Les résultats sont surprenants, j'attends d'avoir encore un an de recul supplémentaire, les idées inculquées par les scientifiques sur l'incidence des corps morts sur cette espèce risque d'en prendre un coup... mais ce sera pour l'année prochaine... C'est dur de se dire que l'on a peut-être eu tort de s'alarmer...
P.S.3 : Le Dr. Michel Jansen qui faisait bénévolement nos analyses d'eau à Starezo à été remercié. C'est pourquoi nous n'avons pu continuer l'étude entreprise faute de moyens.